dimanche 6 octobre 2013

Le Message

Présentation du livre

Titre du livre : Le Message
Auteur : Andrée Chedid
Éditions : Flammarion
Format : Poche
Nombre de pages : 140
 
Résumé

Dans la rue déserte d'une ville ravagée par la guerre, Marie s'effonfre, touchée par une balle alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre Steph. Leurs retrouvailles devaient sceller leur réconciliation et l'aveu d'un amour partagé. Luttant contre la mort, la jeune femme ne désire plus qu'une chose : transmettre un message à Steph pour lui dire qu'elle venait et qu'elle l'aime.
D'une écriture sèche et brûlante, Andrée Chedid raconte l'agonie de Marie et scande l'absurdité de la guerre, qui fait gémir les corps et sépare les amants.

Dans le dossier de l'édition : une interview d'Andrée Chedid et quelques-uns de ses plus beaux poèmes contre la guerre.

Mon avis
 
Bon, bon... Bon. J'aurais aimé attendre encore quelques heures avant d'écrire mon article, mais je pense que si je ne m'y force pas, vous l'attendrez jusqu'à la fin de l'humanité.
Message à Goutte sur Le Message :
Je te déteste. Mais je t'aime à la fois.
Voilà, j'ai découvert mercredi soir, en rentrant des cours l'avis sur Le Message de Goutte, sur Rivière de mots. Au début sans être convaincue, je parcoure rapidement sa chronique, pour au final me retrouver bouche-bée. Je me suis alors dit : Il me faut ce roman. Maintenant. Vendredi soir, deux jours plus tard, je l'ai enfin en ma possession. Il trône juste au-dessus de ma pile à lire, me nargue, se moque de moi. Abandonnant ma pauvre lecture en cours, je m'en empare pour ne plus m'en détacher. J'ai absolument aimé, adoré. J'aimerais dire autre chose de plus littéraire, de plus recherché, mais je crois qu'aucun terme ne peut s'employer à décrire ma lecture. C'était terrifiant de vérité.
 
Nous sommes en pleine guerre. Laquelle ? Le nom n'est pas lâché, et c'est bien cela qui importe dans ce livre. Marie va rejoindre Steph, elle l'aime, il l'aime et il l'attend, ils ont tout pour être heureux, ou rien, mais voilà. Marie s'effondre, touchée d'une balle en plein dos. Et ici commence un long combat entre la mort, la vie, la souffrance, l'amour, l'attente. Un long combat...
 
L'histoire aurait pu être redondante, ennuyeuse, morte, longue. Mais il n'en est rien. L'intrigue m'a torturée, c'est le cas de le dire. Lire ou ne pas lire, continuer ou s'arrêter ont été des interrogations que je me suis posées durant toute ma lecture. Je ne voulais pas avancer, j'avais tellement peur de me faire du mal, de faire du mal aux personnages... Mais, en même temps, une terrible envie de savoir s'était emparée de moi dès les premières lignes du récit. Ces premières lignes, si poignantes, qui vous happent, vous fauchent, et vous amènent, vous catapultent, même, dans l'histoire, lues d'un coup d'oeil dans la voiture... Ces premières lignes sont décisives. Soit vous prenez le train, soit vous restez sur le quai. Je ne sais pas à quelle vitesse pour ma part la machine à vapeur a commencé son périple, mais certainement à bien plus qu'elle ne l'aurait du, à m'en rendre malade, presque... Je ne sais pas si vous comprenez bien ce que j'écris, c'est trop métaphorique, mais je n'arrive pas à m'exprimer autrement à la sortie de ce roman, je m'en excuse, un flot de paroles s'entrechoquent quand je pense au Message, c'est terrifiant.
 
Si moi je suis aussi retournée, c'est à cause, ou plutôt grâce à la plume d'Andrée Chedid... Comment peut-elle avoir autant de talent, résumer en quelques mots ce qu'il nous faudrait des heures à formuler, et trois vies à penser ? Sa plume, poignante, belle, poétique, et lumineuse, m'a totalement transportée, j'ai été bercée pendant toute ma lecture grâce aux mots de Chedid... Mon avancement a été rythmé par les phrases sacadées, courtes, et choquantes de l'auteure. Ma lecture a été à la fois le blanc et le noir, l'extase et l'ignoble, l'enfer et le paradis.
 
J'ai été vraiment bouleversée par les personnages. Tous plus ou moins des héros, tous attachants à leur manière, tous surprenants. Il y a Marie, mourante, Steph, aux sentiments démesurés, Anya et Anton, la bonté incarnée, Gorgio, celui que l'on ne peut pas cerner, mais si courageux... Tous m'ont plu, et je me suis vraiment attachée à leurs points de vue, relatés dans de très courts chapitres aux deux ou trois pages dans un esprit omniscient.
 
On ne sait pas de quelle guerre il s'agit, mais, à vrai dire, on n'en a rien à foutre. L'essentiel est bien que l'histoire s'accorde à toutes les guerres, tous les conflits, de toutes les époques et de tous les pays. L'histoire est universelle, et c'est magnifique ; les personnages incarnent les victimes de choses qu'ils ne comprennent pas et d'atrocités trop souvent banalisées. Le Message raconte une vérité terrifiante, que personne n'aime entendre, mais qu'Andrée Chedid crie à tous. La guerre est absurde, puisque, de toute manière, nous mourrons tous à un moment ou à un autre. Pourquoi donc s'entretuer avant que notre heure ait sonné ? Telle est une des nombreuses problématiques de ce roman.
 
J'ai lu Le Message dans la collection Etonnants classiques de Flammarion. Mais ne vous y méprenez pas, ce roman n'est pas un classique, loin de là, c'est une perle, un bijou merveilleux à lire à tout prix. Le terme classique devient presque repoussant de nos jours, il évoque le collège, le lycée, les lectures obligatoires barbantes que donnent les professeurs pervers. Mais non, Le Message, même si c'est un classique, ce n'en est pas un. Il vaut bien plus que ce terme appliqué à tous les "vieux trucs" croupissants dans nos étagères, que l'on doit lire en y étant forcé, et dont toutes les réticences des élèves entachent la réputation de ces pourtant magnifiques romans, comme celui-ci.
 
Bref, bref, bref, je vous laisse là. Ce roman est une pure merveille, attirante et repoussante à la fois. Lisez-la, je vous en supplie, elle recèle un de ces message que seuls les auteurs comme Andrée Chedid peuvent faire passer dans quelques mots. Et, encore une fois, merci Goutte ♥
 
Pas de note, ce roman est si puissant qu'il n'en mérite pas.
 
Livre en ma possession.

8 commentaires:

  1. Bon, Goutte m'avait déjà trop donner envie, mais là, put***, il me le faut !!
    Au fait, je voulais t'appeler pour te demander 2-3 trucs sur le WE prochain, dis-moi quand ça t'arrange !

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    1. Ah ah, trois euros à Hyper U, je te défie de le faire ;-)
      Bah je viens de t'appeler mais on va régler ça par SMS puisque 1) je n'entends rien et 2) ça fait des bruits d'eau puis ça coupe !!! Ca commence à devenir flippant...

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  2. Non mais! Tu m'as piqué mon résumé! o_O
    Bon, je suis contente que tu aies autant apprécié, en tout cas! Tu vois bien que je ne te mentais pas!
    Bon, bah je n'en dis pas plus, non plus, mais lisez ce bouquin... PAR PITIE!!!

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    1. Ce n'était pas celui de la couverture de derrière ?! Désolée... Tu veux que je le change ?
      Non, effectivement tu ne mentais pas :P
      Par pitié, oui !!!

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  3. Contente que tu l'ai lu :) Moi aussi je l'ai lu il y a longtemps et j'ai vraiment aimé !

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  4. Olala, je ne peux pas encore me le procurer! Il va falloir attendre un looongt moment! Malgré le fait que je sors à peine d'un Kennedy déprimant ne me convain pas à ne pas désirer ce livre. J'ai adoré ce que tu as écris, parce que je retrouve cette sensation avec des livres que je peux compter sur les doigts d'une main. En tous cas, j'espère que je pourrais bientôt le lire!
    Marie

    http://untoutpetitvoyage.blogspot.fr/

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    1. Il est vraiment magnifique, lis-le si tu peux ♥ Et merci pour ton commentaire sur ma chronique, ça fait très très très plaisir :)

      Je suis allée voir ton blog, top ! :D

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