mercredi 14 août 2013

La délicatesse

Présentation du livre

Titre du livre : La délicatesse
Auteur : David Foenkinos
Éditions : Gallimard (Folio)
Format : Poche
Nombre de pages : 210
 
Résumé

"François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m'en vais. C'est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. On sent qu'on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu'un jus, ce serait bien. Oui, un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d'abricot, c'est parfait. Si elle choisit ça, je l'épouse...
- Je vais prendre un jus... Un jus d'abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité."
Mon avis
 
J'avais beaucoup entendu parlé de La délicatesse, car son adaptation cinématographique avait fait un peu de bruit à sa sortie. Le roman comme le film n'avait retenu mon attention, et c'est quand mon oncle l'a prêté à ma mère que j'ai pu le découvrir. Le résumé m'amusait sincèrement : un passage du roman des plus amusants, frais et drôle à la fois. J'ai pris le parti de le recopier ici et de ne pas en prendre un autre qui résume véritablement l'histoire tellement je le trouvais excellent. Au final, m'a lecture a été un beau moment, et je ne m'attendais pas à trouver derrière cette couverture colorée et joyeuse un drame. En revanche, quelques points sont à déplorer, quelques méchants points qui m'ont empêché d'adorer ce livre...

L'histoire était captivante, peut-être pas tellement originale au premier abord, mais amenée si différemment de ce qu'on a l'habitude de voir qu'elle le devenait. C'était un beau récit de reconstruction après un deuil douloureux, et aussi, deux magnifiques histoires d'amour, douces, légères, et naïves à la fois. J'ai bien apprécié la fin, et surtout la dernière phrase, où l'on sent qu'il faut laisser les personnages à leur insouciance, après un long cheminement, et les quitter pour qu'ils prennent leur envol.

J'ai bien aimé l'idée de faire de petits chapitres, courts et saccadés. La lecture était ainsi fluide, et les parties traditionnelles dans les histoires perdent de leur valeur au profit de pensées des personnages. Cela rend La délicatesse très poétique.

J'ai un point noir, un méchant point noir à reprocher à ce roman : personnages. L'auteur impose une grande distance, comme un fossé entre le lecteur et les protagonistes, qui empêche l'attachement et donc les émotions qu'on peut ressentir vis-à-vis d'eux. C'est un drame, mais en quelque sorte un drame insouciant, puisqu'il n'arrive pas à toucher le lecteur. J'ai eu le sentiment, à la fin du livre, de ne pas connaître les personnages. Certes, c'est évidemment le choix de l'auteur qu'on a là, mais je n'ai pas trop apprécié.

Le fait que les émotions et l'attachement aux personnages ne soient pas eu rendez-vous est aussi du au début de La délicatesse. Trop rapide, court, on n'a pas le temps de s'habituer à la vie commune de François et Nathalie que déjà le drame arrive. C'est vraiment gênant, car on a l'impression d'aller à mille à l'heure, sans pouvoir se poser. Une bonne cinquantaine, si ce n'est que cent pages auraient été à ajouter au commencement. Et c'est la même chose dans le film, que j'ai commencé à regarder.

J'ai bien aimé la plume de l'auteur, simple, naïve, et dure parfois. Elle collait parfaitement à l'histoire et à ce que l'auteur voulait en faire ressortir. C'était poétique, doux, et agréable à lire.

Bref, pour moi La délicatesse n'est pas un "grand" roman et ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais donne une belle leçon de vie tout en dépeignant avec justesse je trouve le deuil et ce qu'il engendre.

17/20 

Livre emprunté.

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